Gabriel Bernadou est né le 24 mai 1879 au château de la Vaute dans le Tarn, au sein d’une famille de notables. Sa famille s’installe à Paris. Il entre en 1899 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Falguière, d’Antonin Mercié et de Denys Puech, trois sculpteurs grand Prix de Rome issus comme lui du Midi. Il expose au Salon des Artistes français de 1900 à 1905. Sa vie et sa carrière changent lors de sa rencontre avec Yvonne Colot, étudiante à l’Ecole nationale de céramique de Sèvres qu’il épouse en 1904. Tous deux artistes désirant fuir Paris, ils sont à la recherche d’un endroit leur permettant de développer leur art céramique. A l’été 1905, François Chambrette instituteur à Saint-Augustin fait découvrir à Gabriel Bernadou la terre de grès au lieu-dit Le Kaolin (commune de St Augustin). Gabriel et Yvonne travaille toujours à Paris, réalisant des commandes de bustes pour une clientèle fortunée dans le but d’accumuler un pécule pour financer leur départ. La famille s’installe en 1906, dans une maison au lieu-dit La Grave à Saint-Augustin. Ils vivent et travaillent entourés de leurs trois enfants, Yves, Lucienne et Gisèle et des animaux de la famille. Gabriel est aussi photographe et fait éditer des cartes postales. Il prend en photo de nombreuses scènes de vies de la famille ainsi que des vues de son atelier. Ces plaques de verre photographiques ont fait l’objet d’une donation documentaire au musée de Tulle en 2022 (Donation Leblond-Chambrette). Ils puisent leur inspiration dans les formes simples de la nature qui les entoure. Il fait ses propres recherches et ses mélanges d’oxydes métalliques pour obtenir les couleurs souhaitées. Unis dans leur art, leurs créations sont signées du monogramme Y.G.B. Il expose au Salon des Artistes Français en 1909, puis en 1912 participe à l’exposition internationale organisée par la Ville de Brive où il obtient la médaille d’or et la croix du mérite. Mobilisé lors de la première guerre mondiale, il meurt au front dans les combats du mont Kemmel le 8 novembre 1914. De chagrin, Yvonne détruit tous les moules et le four. En 1980, elle lègue au musée du Cloître 28 pièces, qui constitue le fonds unique de ces artistes céramistes.