Émilie est la fille Felipe-Martin de Villamil (Nouvelle-Orléans 1783 – Paris 1843), un négociant travaillant sur l'ensemble de la zone caraïbe.
En 1809 il épouse Maria del Pilar Ramon (Cadiz 1789 – Paris 1866), fille du lieutenant du roi du Panama, et quelques années plus tard, en 1812, il devient propriétaire de plantations de canne à sucre en Jamaïque. Vers ces années là, Felipe-Martin s'associe dans son négoce aux Britanniques, ce qui inquiète les hommes politiques panaméens, frileux de leur indépendance face à Londres.
En 1813, Émilie né à Panama, auprès de sa famille maternelle.
Cette prospère famille rejoint l'Europe, et vit dans de grandes capitales pour s'adapter aux besoins du négoce paternel.
Vers 1820, les Villamil vivent à Sèvres près de Paris, et accueillent dans leur villa le poète irlando-britannique Thomas Moore (à la même époque, la famille Bacler d'Albe vit également à Sèvres).
Vers 1830, Felipe-Martin rencontre et s'entretient avec Francisco de Paula Santander, héros de l'indépendance de la Grande-Colombie, en visite à Paris.
Les relations privilégiées que Felipe-Martin entretient avec Londres laissent à penser qu'il a pu être agent consulaire britannique à Bologne, lorsque dans les années 1830-1840 la famille s'installe dans cette ville. Les Villamil vivent ensuite à Florence. Là, Maria del Pilar devient la gouvernante de la maison et de la fille de Jérôme Bonaparte ; l'ancien roi de Westphalie étant mauvais payeur et criblé de dettes, les finances Villamil ont dû en pâtir...
C'est à l'époque du séjour à Bologne, qu'Émilie épouse en 1835 un jeune artiste, dessinateur, peintre et lithographe, Louis-Marc Bacler d'Albe, dont le talent a été reconnu lors des Salons de 1827 et 1833. Il est né en 1805 à Issy, près de Paris, et est le cadet d'une famille proche du cercle napoléonide.
En effet, son père le général Louis-Albert Ghislain Bacler d'Albe a été un très fidèle collaborateur de Napoléon I°. Militaire et artiste, il s'illustre surtout auprès de l'empereur par ses talents de cartographe et stratège. Du siège de Toulon à Waterloo, il suit et épaule Napoléon de jour comme de nuit, sur les champs de bataille. Il reçoit en 1808 une dotation de 10 000 francs, constituée sur les territoires de la Westphalie, et le titre de baron d'empire ; d'Albe fait partie des quelques noms cités dans le testament que Napoléon rédige à Sainte-Hélène, pour aider à l'éducation de l'aiglon. Réduit à la demi-solde et sans emploi à la chute de l'Empire, endetté, surveillé par la Monarchie, Louis Albert se retire en 1815 avec sa famille dans sa maison de Sèvres, et vit comme artiste lithographe, réalisant des gravures à partir des dessins réalisés tout au long de ses campagnes ; il travaille aussi comme peintre à la Manufacture de Sèvres, toute proche de sa maison. Il y meurt en 1824.
Lorsque Émilie épouse Louis-Marc, cette nouvelle famille Bacler d'Albe s'installe à Dax, où Louis-Marc est nommé trésorier payeur général des Landes (percepteur). Émilie s'attache à l'éducation de Pilar-Blanche, née en 1837, et comme toutes les dames de la bonne société de cette époque, elle s'occupe aussi en réalisant des ouvrages de dames. L'un d'eux nous est parvenu : il s'agit d'un herbier constitué essentiellement, semble-t-il, d'algues ramassées à Biarritz dans les années 1840, et dont quelques planches ont été données au musée de Borda par sa petite fille, Marie Marcelle Despax, née Bacler d'Albe, présidente d'honneur de la Société de Borda.
Louis-Marc est percepteur à Dax jusqu'en 1841. A partir de 1848 et du retour de la famille Napoléon au pouvoir, la famille Bacler d'Albe doit certainement retrouver des appuis. Les séjours à la capitale doivent se multiplier, car en 1850 un fils Wilhem-Maurice né à Passy. C'est dans ce village qu'Émilie meurt, le 17 novembre 1855.
De retour à Dax, Louis-Marc y épouse en secondes noces une Anglaise, Marie-Anne Harber, le 10 août 1863. Il entre au Conseil municipal en 1878 et y participe jusqu'à sa mort le 18 mars 1887.
Les deux enfants d'Émilie et Louis-Marc vont l'un comme l'autre vont trouver un conjoint dans les Landes et y fonder une famille ; un des descendants de Pilar-Blanche sera le scientifique Alfred Lartigue.