Le martyre de sainte Ursule (titre factice)
- 882.1.435
"L'histoire de sainte Ursule, fixée par Jacques de Voragine dans la "Légende dorée" au XIIIe siècle, trouve sa source à Cologne vers le IXe siècle, après la découverte, dans une église, d'ossements accompagnés d'une inscription latine du Ve siècle faisant référence au martyre de plusieurs vierges. L'interprétation erronée de l'inscription "XIMV", comprise comme onze mille vierges au lieu de onze martyres et vierges, fut confortée en 1155 par la mise au jour de nombreux ossements reconnus comme ceux des compagnes d'Ursule. La légende connut une faveur exceptionnelle en Allemagne, notamment dans la ville de Cologne qui se plaça sous son patronage, mais aussi aux Pays-Bas, dans le nord de la France et en Italie, jusqu'à la Renaissance.
Telle qu'établie par Jacques de Voragine, la légende fait d'Ursule une princesse bretonne du IIIe siècle, demandée en mariage par un prince païen germanique. Afin de fuir ou de convertir son futur époux, elle obtint de partir en pèlerinage à Rome, accompagnée de dix vierges. Chacune aurait été suivie par mille autres jeunes filles. Rentrées par bateau, sur le Rhin, à Cologne, elles furent massacrées à leur retour par les troupes du roi hun Attila, à qui Ursule aurait refusé ses faveurs. L'artiste a illustré les principaux éléments de la légende : Ursule et ses compagnes sont à bord d'une nef accostant sur les rives d'un fleuve, la coque du bateau occupant toute la largeur de la feuille. Des ecclésiastiques se tiennent à leurs côtés. Au premier plan, trois soldats s'apprêtent à les passer par les armes : l'un fourbit son arbalète, à gauche ; le deuxième, au centre, épée en main, a fait basculer une jeune femme par-dessus bord en la tirant par les cheveux ; le troisième à droite aiguillonne une autre vierge de sa lance à deux piques. A l'arrière-plan se déploie un paysage fluvial que surplombe une haute tour sur la crête d'une falaise fermant la composition à droite.
Nulle manifestation divine dans cette image prétridentine, hormis l'auréole de sainte Ursule qui la distingue de ses compagnes : l'épisode du massacre à venir des onze mille vierges est traité de manière narrative, avec un goût affirmé pour les détails descriptifs, dans un fond de paysage typiquement rhénan.
L'attribution de cette feuille à Hans Süss von Kulmbach, actif dans l'atelier de Dürer au début de XVIe siècle, reste hypothétique. Le faux monogramme du maître nurembergeois, en bas à droite, souligne la parenté stylistique évidente avec l'oeuvre de Dürer. De surcroît, la technique graphique, recourant exclusivement à la plume, fait écho à l'art de la gravure qu'il a porté à des sommets. On peut sans crainte affirmer qu'il s'agit d'un dessin d'un artiste profondément marqué par l'influence de Dürer, Kulmbach se rangeant au nombre de ses suiveurs. Le caractère atypique de cette composition dans l'oeuvre de Kulmbach s'expliquerait par sa jeunesse à la date de 1508, inscrite sur un soufflet dans l'angle inférieur droit."
(A.B.P.,Dessins d'histoire Poitiers 2009)
9, place Gambetta (cœur de ville)
17310 Saint-Pierre-d’Oléron
Ouvert - dimanche : 14h - 18h
05 46 75 05 16
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